En 1861, grâce à un accord municipal, le musée élargit son champ d’action aux Beaux-Arts qui viennent s’ajouter au riche fonds textile. En 1862, les collections sont transférées à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles (ENSAIT) à des fins pédagogiques pour enrichir la formation des futurs ingénieurs des industries textiles. Les collections sont donc sous la tutelle de l’Etat et le musée devient alors le Musée National de Roubaix.
A partir de 1900, elles se développent considérablement grâce à Victor Champier. Ancien directeur de la Revue des Arts Décoratifs, il œuvre pour l’abolition de la frontière entre Beaux-arts et arts décoratifs et succède à Verlais à la tête de l’école. Il joue alors un rôle majeur dans l’évolution du musée : des achats d’art moderne sont réalisés (Lebourg, Martin, Désiré-Lucas), des céramiques de Sèvres provenant des Expositions Universelles sont attribuées au musée et divers dons. Parallèlement, le négociant textile roubaisien Henri Selosse lègue sa collection dont le fonds – peintures, dessins, sculptures de signatures connues- représente une part importante des collections actuelles. Mais le musée de Roubaix ferme durant la seconde Guerre Mondiale et ne ré-ouvrira qu’à la Libération.
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Un nouveau musée à Roubaix : le musée Weerts
La naissance progressive du musée d’art et d’industrie de Roubaix
En 1988, la présentation d’une œuvre en cours d’acquisition par le Louvre, marque un tournant dans l’histoire du musée. Le groupe immobilier SARI est parmi les souscripteurs importants réunis par le Louvre pour l’acquisition du Saint-Thomas à la pique de Georges de La Tour. Alors qu’elle engage de gros projets immobiliers sur Roubaix, la SARI demande que la ville sinistrée soit l’une des rares étapes du circuit que l’on organise pour le tableau, qui va rejoindre le patrimoine national. Et c’est dans les galeries abandonnées du musée national, fermé depuis près d’un demi-siècle que son directeur, Didier Schulmann organise, avec un extraordinaire succès, la révélation du Saint-Thomas, accompagnée d’une présentation des tableaux emblématiques du fonds roubaisien, véritable découverte pour les visiteurs. Roubaix revient alors à son musée… L’aventure de La Piscine peut commencer. Différents sites sont proposés pour accueillir le musée mais aucun accord n’aboutit. En 1990, le conseil municipal valide l’idée lancée par la nouvelle équipe de conservation de transformer l’ancienne piscine en musée.
Construite en 1932, la piscine de la rue des Champs, avait fermé ses portes en 1985. Le projet est confirmé en juillet 1992 et une convention est signée entre l’Etat et la Ville de Roubaix transférant les collections de l’ancien musée national à la ville de Roubaix. Le musée recevra d’importants dépôts des musées nationaux, notamment du musée d’Orsay, du Musée National d’Art Moderne et du Fonds National d’Art Contemporain. La Piscine ouvre finalement ses portes en octobre 2001. Depuis 2001 : agrandissement et remarquable fréquentation.
Jusqu’au 1er juin 2025 : Rodin / Bourdelle Corps à Corps
Antoine Bourdelle -1861-1929- admira Auguste Rodin -1840-1917-, de vingt ans son aîné, qu’il accompagna une grande partie de sa vie. Bourdelle fut le praticien de Rodin, tailla pour lui des marbres, fut ses mains. Rodin lui, fut le témoin de mariage de Bourdelle. Bourdelle portraitura ce maître, ce « vieux Faune » comme il aimait à l’appeler.
Le maître perçut en cet héritier, volontiers indocile, un « éclaireur de l’avenir ». Sur Rodin, Bourdelle écrit. De Bourdelle, Rodin vante les oeuvres. Les deux hommes échangent des lettres, des idées, des œuvres. Les deux artistes vivent et travaillent en écho, en résonnance. Leurs vies et leurs carrières, entremêlées, convoquèrent des personnalités qui, de Camille Claudel à Isadora Duncan, croisèrent le chemin de l’un comme de l’autre. Parallèles, souvent superposées, leurs trajectoires méritaient assurément une grande exposition.
Les divergences et antagonismes de ces deux créateurs, leurs deux univers plastiques sont porteurs des enjeux majeurs de la modernité : refus du naturalisme et de la vraisemblance, retour aux sources de l’antique et de la matière première, expressionnisme du modelé, esthétique du fragment, hybridations et poétique de l’assemblage, réflexion sur le socle et le monumental, autonomie de la sculpture et volonté d’épure qui ouvrira la voie de l’abstraction.
Rassemblant plus de 170 oeuvres -sculptures, dessins, photographies et archives-, l’exposition traverse presque cinquante années de création commune ou croisée. Elle permet aussi d’en découvrir la postérité chez des artistes qui, de Chana Orloff à Ossip Zadkine, en passant par Germaine Richier, initieront après eux un autre chapitre dans l’histoire de la sculpture moderne.
Exposition initiée et conçue par le musée Bourdelle / Paris Musées et le musée Rodin. Organisée en collaboration entre le musée Bourdelle/Paris Musées, le musée La Piscine de Roubaix et le musée Ingres Bourdelle de Montauban. Avec le soutien exceptionnel du musée Rodin avec un prêt d’une soixantaine d’oeuvres. Le Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle/ Centre Pompidou, le musée d’Orsay, le musée Zadkine, le musée des Beaux-Arts de Lyon, le musée des Beaux-Arts de Rouen, le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis, les Ateliers-Musée Chana Orloff, la Fondation Giacometti à Paris et la Fondation de Coubertin ont également apporté leur généreux concours à cette exposition.
Autres expositions
Jusqu’au 1er juin 2025 - Elsa Sahal : Pool Dance
L’artiste travaille la terre, proposant des sculptures en céramique, souvent émaillée. Le thème du corps est majeur dans son œuvre, décomplexé et libre. Présentée dans les cabines du Musée. La scénographie est réalisée grâce au généreux concours des peintures Tollens.
Jusqu’au 8 juin 2025 - SENS, DESSUS, DESSOUS
Ni coiffée, ni maquillée, un ample chapeau de paille simplement posé sur la tête, vêtue d’une robe de mousseline bouffante au tissu vaporeux et transparent : c’est ainsi non apprêtée que la reine Marie-Antoinette se fait portraiturer par Elisabeth Vigée Le Brun en 1783. Le scandale est total : le Louvre, remplace ce portrait royal peu conventionnel. Pourtant, à la Cour, nombreuses sont celles qui adoptent cette silhouette jugée provocante. Le vêtement de dessous devient alors officiellement tenue de dessus. Vêtements de dessous, vêtements de dessus, habits de l’intimité se révélant au grand public : la confusion règne au fil des époques.
Visites : Mardi
à Jeudi : 11 h 18 h. Vendredi : 11 h 20 h. Samedi Dimanche : 13
h 18 h. Visites, animations… Boutique. Restaurant : du mardi au dimanche
de 12 h à 17h30.
PHOTO 5 : La Centauresse Auguste Rodin - PHOTO 6 : Le Poäte ou le Jour et la Nuit Antoine Bourdelle - PHOTO 7 : Adam Antoine Bourdelle
Informations : La
Piscine - Musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix- 3 rue de
l’Espérance- 59100 Roubaix- + (0)3 20 69 23 60- www.roubaix-lapiscine.com
(Crédit Photos : La Piscine-Musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix)
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