Née d'un volcan sorti des entrailles de la terre il y a trois millions d'années, l'île Bourbon - l'île de la Réunion d'aujourd'hui - reste inhabitée jusqu'au milieu de XVIIe siècle.
Elle est alors une escale sur la route du commerce, appréciée en raison de l'abondance d'eau douce qu'elle offre à proximité immédiate des rivages. Elle reçoit ainsi la visite de nombreux navigateurs, arabes, portugais et anglais.
Les premiers venus étaient des aventuriers français, accompagnés d'hommes et de femmes malgaches plus ou moins volontaires. Des Indes portugaises viennent rapidement ensuite les premiers apports du vaste sous-continent.
Un carrefour de cultures…
Les premières décennies de l'histoire de Bourbon sont permissives, l'autorité du roi et du clergé n'y est guère affirmée. Très vite la population initiale se métisse au gré des premières unions, des premières naissances.
Mais la mise en exploitation de la colonie par la Compagnie des Indes, dès la fin du XVIIe siècle, bouleverse les modes de vie.
Le recours à l'esclavage devient systématique. Les bateaux négriers débarquent des milliers d'hommes et de femmes achetés par les trafiquants sur les côtes de Madagascar et de l'Afrique.
La population noire, devient largement majoritaire, et fait la prospérité de la colonie jusqu'en 1848.
Après l'abolition de l'esclavage, les champs de canne réclament toujours plus de bras et les colons font appel à une autre population, des "engagés" venus sous contrat des côtes sud-est de l'Inde. Leur voyage est sans retour pour la plupart de ces Tamouls, qui apportent dans la colonie française leur mode de vie et leur religion : l'hindouisme.
D'autres émigrations volontaires enrichiront plus tard l'île : celle des Indiens musulmans venus du Gujarat et celle des Chinois.
Les mariages mixtes deviennent toujours plus nombreux au fil du temps. Les visages des 800 000 réunionnais d'aujourd'hui révèlent la beauté du métissage dans toute sa diversité.
Un grand terrain de jeu…
Destination idéale pour les amateurs de marche, la Réunion recèle nombre de curiosités géologiques : le Piton de la Fournaise bien sûr, mais aussi des cirques ou encore d'extraordinaires récifs, tel le Souffleur qui crache des gerbes d'écume.
Sur une surface réduite, l'île propose un ensemble de paysages remarquables.
Les grandes pentes externes des deux massifs volcaniques, d'une grande régularité, donnent à l'île un aspect de bouclier. Ce qui s'explique par la fluidité des coulées qui ont construit ces pentes depuis des centaines de milliers d'années.
Le centre des deux massifs offre, au contraire, des reliefs contrastés, vigoureux, étonnants, qui sont les résultats de combinaisons d'effets d'effondrements remarquables et d'une érosion torrentielle extrêmement active. Les trois cirques : Salazie, Mafate, Cilaos aux paysages uniques, sont les plus beaux fleurons de l'ensemble.
Les habitants de Mafate et de l'îlet des Salazes, au cœur du cirque de Cilaos, résident au sein du Parc National. Ils représentent une valeur culturelle forte, ils abritent une part de l'âme réunionnaise, le socle d'une identité créole marquée par un lien fort à la terre. A leurs côtés, des vallées encaissées témoignent de la puissance de cette érosion qui s'exerce lors des passages de cyclones tropicaux.
Le massif de la Fournaise fait place à des paysages d'une remarquable fraîcheur. C'est le cas pour le relief en forme de "fer à cheval" de l'Enclos - Grand Brûlé, pour le paysage "lunaire" de la Plaine des Sables.
Tous ces sites sont restés, pour une bonne part, couverts par une remarquable couverture végétale. Ces richesses naturelles ont donné l'idée aux institutionnels de proposer la candidature de l'île au Patrimoine Mondial de l'Humanité.
Une faune et une flore incomparables…
L'isolement, la diversité des habitats naturels et des micros climats ont amené de nombreuses espèces indigènes, présentes avant l'arrivée de l'homme, à se différencier au fil des millénaires et ainsi devenir des espèces endémiques.
La Réunion passionne, bien entendu les amoureux de la beauté végétale, les botanistes comme les amateurs de jardins.
Au milieu du vaste océan Indien, la Réunion abrite une flore originale. Elle est développée aussi bien sur le littoral que dans les forêts d'altitude.
A son arrivée, l'homme a marqué de son empreinte le paysage de l'île. De nombreuses variétés, venues de tous les rivages tropicaux, ont alors été introduites à des fins utilitaires ou purement esthétiques.
Des palmiers de tous les continents voisinent aujourd'hui avec l'original latanier de Bourbon, et les sous-bois des Hauts foisonnent désormais d'orchidées sauvages. Les Réunionnais sont des passionnés de jardins et même la case la plus humble est entourée de plantations flamboyantes.
Sur les 850 espèces végétales indigènes, 230 strictement endémiques à La Réunion sont actuellement recensées. Unique, précieuse et fragile, cette biodiversité se retrouve à tous les étages des milieux naturels, de la savane des Bas jusqu'à la végétation altimontaine.
La faune, quant à elle compte quelques espèces originales, comme l'élégant paille-en-queue, oiseau emblématique de l'île qui niche dans les falaises à proximité de la mer ; le "papangue" un rapace qui tournoie dans les cirques et ravines ; ou encore les cerfs de Java, qui s'ébattent dans les domaines forestiers de moyenne altitude.
Les espèces terrestres sont pour la plupart endémiques telles que le Tuit-tuit, également menacé de disparition, l'Oiseau blanc "Zoizo Blanc", et l'Oiseau lunettes vert "Zoizo vert", et le Papangue, seul rapace de l'île.
Parmi les mammifères, seules les chauves-souris ont colonisé l'île, et deux d'entre elles sont toujours assez courantes, rejointes depuis peu par la Roussette noire récemment revenue à La Réunion, très probablement amenées par un cyclone.
Les insectes sont très nombreux et beaucoup restent inconnus des scientifiques.
La vie foisonne également sous la surface de l'océan et même à proximité des rivages. Le "tombant" du récif abrite une faune et une flore corallienne qui font la joie des plongeurs. Au-delà du récif commence le royaume des grands poissons migrateurs : marlin bleu, daurade coryphène, espadon-voilier, thons, barracudas... et celui de la pêche au gros.
Un climat propice…
La Réunion bénéficie d'un climat particulièrement agréable. Un climat tropical auquel les alizés, apportent une délicieuse douceur.
Les températures et précipitations varient selon l'altitude et l'exposition : les écarts peuvent être très importants d'un coin de l'île à un autre. Le versant Est -la "côte-au-vent"- est plus humide car il reçoit les alizés. Le versant Ouest -la "côte-sous-le-vent"-, protégé lui par le relief, est beaucoup plus sec.
La saison sèche et fraîche dure de mai à octobre, avec de juin à août un "hiver" qui n'en a que le nom, sauf près des sommets.
Religion et coutumes…
Les Réunionnais s'efforcent de ne pas oublier leurs racines. Musulmans, catholiques et hindous se côtoient au quotidien et les pratiques religieuses sont très présentes dans la vie d'une majorité d'habitants. Si l'atmosphère est très imprégnée de la foi catholique dominante, c'est cependant la communauté hindoue qui donne à l'île ses coutumes les plus marquantes.
L'hindouisme expose ses mille couleurs sur les façades des temples qui fleurissent dans toute l'île.
En octobre-novembre, le Dipavali, "fête de la lumière", réunit des milliers de fidèles ; des processions et de spectaculaires "marches sur le feu" sont organisées au rythme d'un calendrier ancestral.
De cette histoire pleine de mouvements et de rencontres résulte une grande richesse culturelle. Pour se comprendre, les habitants de la colonie forgèrent une langue vernaculaire : le créole, héritée du vieux français, épicée de mots d'origine malgache, hindi ou tamoul.
Cari, rougail… des saveurs à découvrir…
La cuisine réunionnaise est aussi métissée que sa population. Aucun plat n'en est resté à sa saveur d'origine, tous ont été enrichis et agrémentés par la généreuse inspiration des cuisinières bourbonnaises et des influences venues d'ailleurs : françaises, indiennes, chinoises…
La grande spécialité locale est le cari, un ragoût parfumé de viande, de poisson ou de crustacés, mijoté avec de l'ail, des oignons, du gingembre, du girofle, du curcuma et d'autres épices locales. Les caris sont servis avec du riz blanc ; des "grains", haricots, fèves ou lentilles ; et avec un condiment épicé élaboré à partir de tomate, de citron et de pistache : le rougail.
Le rougail saucisse est quant à lui un cari de saucisses fumées : rien à voir donc avec le condiment. Il en va de même pour le rougail boucané, qui est en fait un cari de viande de porc fumée. Le cabri massalé, un plat d'origine indienne, est lui aussi à goûter arrosé d'un rhum blanc. Bien sûr, on peut aussi manger un peu partout une entrecôte ou un poisson à la Provençale.
Il y de multiples façons d'aborder la Réunion, cependant il faut privilégier les randonnées, tôt le matin, au cœur des cirques pour découvrir le visage naturel et quasi intact de l'île et profiter des plages de la côte Ouest de Boucan Cannot à St Leu pour terminer la journée.
On le comprend, les visiteurs se régalent de nature, trekking, baignade et de nonchalance créole.
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