Les Lofoten sont associées au soleil de minuit pour beaucoup de voyageurs. Toutefois, la découverte hivernale de l’archipel révèle sa vie rude, authentique et sa beauté saisissante.
Chaque automne, les harengs et les orques remontent le Tysfjord et le Vestfjord pour y passer l’hiver. De la mi-octobre à la mi-janvier, on peut participer à des safaris « orques » mais aussi observer le grandiose spectacle des aurores boréales dans les montagnes à quelques encablures de la lumière des villes.
Les Lofoten, des montagnes si particulières…
Plantées au large de la côte la plus septentrionale de la Norvège, les Lofoten sont situées bien au-delà du cercle polaire et forment un chapelet d’îles d’une longueur totale de 120 km séparé du continent par les sombres profondeurs du Vestfjord.
Avec un climat considéré comme tempéré grâce à la proximité du Gulfstream, le thermomètre oscille autour de zéro ou juste au dessus en hiver.
Les rochers erratiques remontant à trois milliards d’années nous rappellent que les pics et flancs escarpés des montagnes que l’on admirent se sont formés à l’aire glacière.
Les hommes du néolithique se sont d’ailleurs installés après la dernière glaciation sur ces îles. On a notamment retrouvé les vestiges d’établissements de la prospère époque viking.
Vers 1100, les Lofoten furent colonisées par des pêcheurs, et la morue demeura la principale source de revenus jusqu’à une période récente.
La pêche, la richesse des Lofoten…
En hiver, la pêche à la morue à la chair ferme et blanche représente tout un symbole. Mais on n’oubliera pas non plus celle au hareng. Elle restent toutes deux des éléments indispensable à la vie sociale de cette contrée. Par ailleurs, on y élève le saumon, on y trouve aussi l’aiglefin, le colin, le loup, le flétan et la sole.
La pêche hivernale dite au « Skrei » est l’une des pêches saisonnières les plus importantes du monde. De la mi-février à la fin du mois d’avril, les morues de l’Arctique remontent par millions des vastes et riches régions de la mer de Barents pour rejoindre leur milieu de ponte situé non loin des îles Lofoten.
Des pêcheurs venant de toute la côte continentale norvégienne prennent part à l’événement.
Durant des décennies, ces derniers dormaient sur leurs bateaux. Puis, ils bâtirent des huttes reposant partiellement sur le rivage et se prolongeant par des pilotis au dessus de l’eau, ce que l’on nomme : les « rorbu ». Selon la légende, le roi Øystein en 1120 encouragea leur construction.
A l‘époque, un pigment rouge importé d’Angleterre et mélangé à l’huile de foie de morue colorait de rouge les maisons de villages entiers.
Ces « rorbu » sont aujourd’hui luxueux, bien équipés, très populaires et se louent.
(voir notre encadré).
Aux Lofoten, les oiseaux de mer sont évidemment omniprésents comme le guillemot, le cormoran, la mouette et le macareux. Il n’est pas rare de découvrir des rochers où nichent des colonies de 100 000 oiseaux. Au cœur des fertiles plaines de l’archipel pâturent des moutons et des agneaux dont la viande est très réputée pour sa qualité.
Svolvær, porte d’entrée…
Grâce à un réseau routier bien dégagé en hiver qui ne semble mener nulle part… on sillonne pourtant aisément les Lofoten sur toute leur longueur de Fiskebot à la pointe nord-est de l’île d’Austvågøy au village portant le nom de Ä sur Moskenesøy au sud-ouest.
Svolvaer est une porte d’entrée populaire des îles. Vous pouvez y arriver par la célèbre ligne de l’Express Côtier* ou par avion.
Capitale et centre culturel, Svolvaer est un grand port desservit par les ferries. La cité est réputée pour ses commerces d’électronique et de vêtements. Non loin à Kongeskaret (le col des rois) porte les signatures des derniers rois de Norvège sculptés dans les rochers.
Au dessus de la ville se dressent les élégantes cornes rocheuses de Svolvaergeita.
Il est nécessaire d’emprunter une route panoramique pour rallier Henningsvaer, 750 habitants environ, l’un des plus beaux village qui s’étale sur des îlots joints par des jetées et relié par deux ponts à l’île principale d’Austvågøy. Encombré de bateaux de pêche en hiver, l’été se sont les plaisanciers qui s’y donnent rendez-vous.
Une promenade sur les quais de bois qui bordent le port invite à l’enchantement…Quand les chalutiers sont là nombreux au repos, tout près les usines de conditionnement du poisson tournent à plein régime avec le fameux cabillaud arctique.
Un arrêt s’impose à Stamsund à l’ouest de l’archipel. Autre port d’escale de l’Express Côtier, avec ses 1500 habitants et ses « rorbus » aux murs extérieurs peints en rouge et encadrés de boiseries vertes retiennent l’attention. A deux pas, des hangars portuaires côtoient les magasins de bricolage.
Nusfjord, un abri idéal…
Niché au fond d’un fjord que l’on rejoint par une petite route, l’authentique village de pêcheurs de Nusfjord est sans doute le plus charmant et le plus pittoresque port de pêche de l’île Flakstadoy et de tout l’archipel avec ses façades jaune moutarde et ses « rorbu ».
Le ronronnement des moteurs des bateaux et les cris des oiseaux marins viennent troubler la quiétude du lieu. La lumière du soir semble tout droit sortie d’une réelle carte postale artistique. On aime flâner dans cette crique de Nusfjord située justement en bordure d’un fjord attachant.
A quelques kilomètres de là, il ne faut pas manquer la petite ville de Reine. Les superlatifs ne manquent pas pour la décrire : somptueuse, grandiose… grâce à sa situation géographique privilégiée. Le village, en cette période de l’année, permet de voir le poisson et principalement la morue disposée sur d’immenses râteliers construits à la main en rondins de bois. Un vrai spectacle !
Le visiteur est là plongé au centre d’un véritable joyau des Lofoten. Une immense baie ceinturée de pics et de montagnes, dépassant parfois 1000 mètres, permet aux randonneurs qui prennent un peu d’altitude de contempler Reine, la mer et les eaux bleues du fjord.
LES « RORBUS », UNE HISTOIRE…
Peu avant l’an 900, les navires faisaient route pour les Lofoten pour participer à la campagne miraculeuse de pêche à la morue. Bateaux à rames et voiliers se mirent en route en grand nombre. Cela engendra un besoin d’hébergement pour les hommes. Au début du 11e siècle, on raconte que le Roi Oystein décida de faire construire des cabanes de pêcheurs (« rorbu » en norvégien).
Rorbu, d’où vient ce nom ? « Bu » signifie petite maison et a un lien avec le fait d’habiter, de vivre, donc une petite maison dans laquelle on vit mais elle peut être utilisée comme cabane à outils.
« Ror », veut dire ramer ou rames. On en déduit que les « rorbu » sont de petites maisons où habitaient les pêcheurs lorsqu’ils « ramaient à la pêche ».
Dans les années 60, plusieurs centaines de ses maisons étaient abandonnées ou inhabitées, certaines furent même détruites par les hommes ou les tempêtes.
Et, comme de nombreux de visiteurs souhaitaient loger dans les « rorbu », les propriétaires se sont décidés à les restaurer et les moderniser.
Aujourd’hui, ils sont pratiquement tous alimentés en eau courante et sont pourvues de toutes les commodités.
Devenues très populaires, comme lieu d’hébergement pour les touristes, on en compte 3 à 400 dont une centaine sont de construction récente et qui n’ont, bien sûr, jamais été utilisées pour les campagnes de pêche.
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Après avoir traversé Sørvågen et Å, la pointe sud de l’archipel marque presque la fin du territoire… Au large, entre la pointe sud de Moskenesøy et l’îlot de Mosken se trouve le célèbre tourbillon connu sous le nom de Maelstrom dont Edgar Allan Poe lui donna son pesant de terreur.
L’auteur écrivit à propos de celui-ci : « lisse et brillante muraille d’eau d’un noir de jais, inclinée sur l’horizon à un angle de quelque 45° , tourbillonnant toujours plus vite en un mouvement de va-et-vient étouffant et faisant jaillir dans le vent sa voix mi-terrifiante, mi-hurlement, mi-rugissement…"
Certes, on peut parler d’une exagération littéraire mais le Maelstrom ne dois pas être pris à la légère lorsque souffle le vent du nord-ouest sur les eaux qui se ruent sur les îles. On comprend aisément pourquoi, les artistes sont attirés par les Lofoten. Les paysages époustouflants, les côtes découpées et les lumières uniques ont transparaissent sur d’innombrables œuvres.
L’hiver reste certainement la meilleure saison pour visiter ces îles souvent classées parmi les plus belles du monde.
Voilà une parenthèse originale et dépaysante à s’offrir avec pour cadre une nature si sauvage et exubérante.
QUELQUES ADRESSES:
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- Norlandia Vestfjord Hotell
Hôtel situé à deux pas du centre de Svolvær et à 100 mètres de la gare de l’Express Côtier.
Chambres confortables et excellent accueil.
Site web: www.norlandia.no/vestfjord
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- Henningsvaer Bryggehotell
Cadre très chaleureux et chambres très confortables dont la plupart ont une vue sur le port de Henningsvaer. Le restaurant vaut le détour pour sa fine cuisine locale.
Site web: www.henningsvaer.no
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- Café restaurant, " Maren Anna "
A Sorvagen, au sud des Lofoten.
Atmosphère conviviale et typique, restauration sympathique.
Site web: www.lofoten-info.no/marenanna
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